À propos de La Misère des niches d’Alain Brunet

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10 juin 2018

À PROPOS DE L’ESSAI LA MISÈRE DES NICHES D’ALAIN BRUNET
Commentaires et contribution d’un (misérable) artiste et producteur

À propos de La Misère des niches d’Alain Brunet
Commentaires et contribution d’un (misérable) artiste et producteur

Je termine la lecture de La Misère des niches et, tout en résumant cet essai à ma manière, j’aimerais faire part ici, dans mes propres mots, des commentaires qu’il m’inspire et de mon interprétation de la conjoncture qu’il éclaire. Je me suis obligé à être bref. Je passe donc sur les nuances ou les objections que j’apporterais à certains égards, de même que sur une analyse plus philosophique des causes, pour m’en tenir aux nombreux éléments incontestables de l’ouvrage, propres à nourrir la réflexion commune, le courage et le geste. Je joins également quelques vues inspirées de cette lecture, puis enfin une suggestion tactique.

  1. Il faut d’abord féliciter l’initiative qu’est ce livre, La Misère des niches. Nous tenons pour ainsi dire un rapport sur une situation inquiétante. Nous avons le dossier général, actuel et documenté d’un dysfonctionnement à grande échelle, celui, pour parler simplement, de l’industrie musicale, dans un contexte de mondialisation par le numérique. L’explosion et la faveur des ressources technologiques et de leur application, dans leur conjonction avec une offre exponentielle des contenus, elle-même surgie de cette explosion (la fameuse démocratisation des outils de production découle des technologies), ont créé, à terme, un dispositif commercial immense et dominateur, inédit en puissance et en étendue. Des derniers rouages de ce dispositif, qui nous y livre enfin sa vraie nature, résulte le streaming musical, soit une diffusion continue que l’on pourrait dire à bas prix ou à prix nul.
  2. Ce dispositif, sous prétexte de servir (le client comme le fournisseur) et sous couvert d’innovation, cet autel des temps présents, est devenu le maître, né, vivant, évoluant pour lui-même (et les siens). Certes, mais où loge le dysfonctionnement ? Il loge dans le fait que la machine, pour bien naître et grandir, a su s’alimenter ou plutôt se gaver au pâturage mondial des œuvres que par détresse ou convoitise, par innocence ou méprise, dans le cadre du jeu compliqué des droits et des débouchés, du légal et de l’illégal, les créateurs et producteurs ont sacrifié sur la promesse d’une nouvelle ère. Erreur fatale qui, en fin de course, les dénude et les amoindrit jusqu’à presque rien, n’importe les prodigieuses exceptions à la règle. Pire, le dysfonctionnement tient au fait que ce sacrifice des œuvres, devancé il est vrai par la dépréciation que provoquait déjà leur surabondance et sans doute inspiré par plusieurs échecs à les protéger, a non seulement dévalué leur statut commercial, mais affaibli l’appréciation intellectuelle, le regard esthétique et l’écoute sensible qui leur sont dus.
  3. D’où, enfin, un effet dévastateur sur le sens même de la critique musicale, sur la position du commentateur spécialiste des œuvres et des prestations, témoin rapproché et communicateur de la vie musicale et de ses ouvrages. J’ai aimé qu’Alain Brunet sache inclure de façon authentique la misère du critique (sur fond des malheurs médiatiques, mais plus intimement) à son tableau des tempêtes. Le critique, pour sûr, n’est pas moins atteint que son objet dans cette affaire, mais il y a là l’expression d’une fraternité avec l’artiste, et ce livre, derrière un large et fort éclairage sur l’état des lieux, est un acte d’attention et d’amitié. Y sont ainsi mises à mal, au nom d’une juste lucidité, quelques illusions de l’artiste et du producteur dans la nouvelle interprétation qu’ils tendent à se faire des bienfaits possibles, à leur égard, du streaming. Au premier rang une idée courante, que j’ai cru moi-même admissible (pour ma part en lien avec la condition des artistes et musiciens d’avant la Renaissance, berceau de la modernité), celle que l’enregistrement et sa publication seraient des substituts promotionnels de la scène, qui elle seule, de par la présence réelle de l’artiste (et le spectacle de sa sueur), mériterait en somme la dépense et, pour peu qu’elle soit encore possible, la rentabilité. Penser cela revient à faire fi, bien sûr, en notre monde, de l’album au titre d’œuvre d’art, de pierre précieuse, mais aussi à ne valoriser qu’un mode d’accomplissement artistique, la prestation publique, directe, avec son lot d’exigences et de simplifications. Glenn Gould, à propos de l’exécution, le pensait bien (et l’affirma). Notons d’ailleurs que le concert et le spectacle, sur le plan local ou planétaire, ne peuvent suffire à l’appétence musicale de notre temps. La faim apaisée, il reste la soif.
  4. Autre conséquence du dispositif et du phénomène sous-jacent (que toutefois les médias de masse et le commerce de la musique avaient bien initiée) : la rectitude ou la standardisation outrageante des formes, des styles et de l’expression (permise), le nivellement (quand ce n’est pas l’amputation) autocratique des œuvres et des manières de faire, de dire et de jouer, l’appauvrissement déterminé de la musique en tant qu’instrument redondant de séduction des audiences, cela par les détenteurs de plus en plus centralisés et similaires des grands lieux d’écoute qui, s’ils déclinent en nombre, gagnent encore, pour l’heure, en pouvoir et en influence. Cette prépondérance crée vite une emprise. Elle renforce un système de castes ou de proximité somme toute naturel mais dont les petits seigneurs en viennent à patronner un discours, favoriser des thèmes, voire les prises de position sociales et politiques qui leur sont chères. Le Québec, en son exigüité géoculturelle, en sa position de terre isolée par sa différence (salvatrice à d’autres égards), livre à notre intelligence une version paroxystique de cette affection. Soulignons enfin l’abdication de la majorité des artistes et producteurs devant cette tutelle et la manipulation de leur art, tout en rappelant, en toute justice, l’écart des forces entre ceux-ci et les appareils médians, provinciaux et nationaux, qui s’alignent davantage sur le dispositif universel, ou s’en inspirent, que sur le combat à mener quant à la libre création et à la diversité des voix (c’est le cas de le dire).
  5. Le dispositif commercial universel dont nous parlons et dont l’action culmine dans l’offre de streaming musical, s’il est une créature technologique à laquelle les œuvres ont été données en pâture, pour être dégorgées ad nauseam à un public anonyme, avec ce que ça implique en déresponsabilisation facile, en est une également du capital. Or le capital n’est qu’une chose (comme le dispositif), un truc sans âme, et ne peut être accusé des maux humains. Ce sont ses nouveaux seigneurs qu’il faut interroger, qui le tiennent par ses brèches et le pressurent, d’ailleurs tous impliqués, à différents titres et vitesses, dans l’explosion initiale et ses fumées, là même où s’évanouit la consommation des œuvres. Magiciens aux ficelles interminables et inédites qui nous soutiennent avant de nous tenir, et à quoi nous nous connectons en pantins affamés, leur offrant de surcroît notre mémoire, nos archives, la plupart ne sont pas incriminables de leur triomphe, duquel ils ont été les premiers saisis, mais œuvrent depuis lors à des suites qui les honorent assez peu. Des principes libertariens, déjà réducteurs en soi et qui ne font pas une civilisation, sont empruntés par les économistes du jour, souvent les leurs, puis encore réduits jusqu’aux miettes qui leur servent de vertu et d’où ils semblent d’ailleurs tirer librement l’archétype même des redevances musicales. À ces rois Crésus, au royaume des supermonopoles et des pieuvres d’or, le simple mortel ne peut parler, mais les États doivent enfin se souvenir qu’ils demeurent, en ces matières, souverains, et qu’ils ont la force d’ajouter des règles à tout ce jeu, entre autres en restaurant la notion de territoire, et donc du politique, malmené par l’abstraction virtuelle, la finance anonyme et l’engrenage céleste (nuagique) des réseaux.
  6. Que faire ? C’est, naturellement, ce qui nous intéresse. Alain Brunet, entouré de quelques penseurs et observateurs avisés, qu’il cite solidement et nous fait découvrir et priser, propose les grands outils qu’un premier inventaire indique, de même que les appareils à contraindre, les matériaux à attaquer et transformer, les terrains et les ponts à reprendre et surveiller. Tout est à la vue, rien n’est ni n’était caché en cette nomenclature. À cela près qu’il faut regarder pour voir. Renvoyons le lecteur à la Misère des niches, où il lira et relira le détail et l’articulation des moyens, certes dans une forme introductive, mais avec suffisamment d’esquisses parlantes pour allumer les esprits et inspirer l’action. Les stratégies exposées, cela va de soi, vu les dimensions de l’affaire, s’avèrent pour la plupart à grande échelle et à grand déploiement, et donc gouvernementales et institutionnelles, législatives, réglementaires. Elles y sont classiques et courantes, mais leur objet, leur champ d’action s’y voit actualisé, synchronisé au phénomène (je ne suis pas certain que les plus récentes intentions gouvernementales, à tous paliers) montrent une telle actualisation). En plus de raisonner le dispositif, au premier chef, en donnant au streaming un corps et des contours, une anatomie propre à l’encadrement et à la juste administration, pensons d’une part, avec l’auteur, aux donneurs d’accès, aux réseaux en soi (transporteurs de flux), aux fabricants de l’appareillage multiple qui mène trop bien au pâturage, à la cueillette gratuite des œuvres. Pensons d’autre part, toujours avec lui, au potentiel de retraçage et de gestion des droits que nous accordent de plus en plus les métadonnées inscrites comme des ADN et leurs génomes au cœur des objets numériques.
  7. J’aimerais conclure ici avec une suggestion tactique, à plus modeste échelle. En vérité, appliquée avec vigueur et discernement, elle pourrait surprendre et peser lourd dans la balance. À tout le moins elle représente un soutien aux plus vastes opérations envisagées, ainsi qu’une tension, des tensions sur le dispositif, et peut-être une échappée. Trop simple, elle a été vite oubliée. Elle concerne les créateurs et producteurs (et maisons de disque), dans leur capacité individuelle et ordinaire, cette compétence commune. C’est le refus net du streaming. La grande majorité des artistes et producteurs n’y ont rien à perdre, sauf leurs rêves et la promesse d’un ciel inventé. Retour aux extraits (et aux gratuités promotionnelles) puis à l’achat (à prix raisonnable s’entend). La soif du public, de l’auditeur, du mélomane, l’appétit du monde et de chacun pour la musique, et dans ce cas pour un artiste spécifique, un album, une chanson, ne résistera pas à la dépense. Plus encore, l’audience sera plus attentive, car l’achat est une implication, un pas précis, décidé, vers l’écoute. Puis imaginons une ou des maisons de disque, une ou des nouvelles plates-formes, sans doute territoriales, où des artistes, des œuvres logeraient de façon exclusive. Puis imaginons un, deux, trois grands distributeurs qui emboiteraient le pas, heureux d’un rééquilibrage, prêts à risquer l’aventure avant de périr (car dans l’attente, ils périront peut-être). Un, dix, mille, dix mille artistes, ça fait un monde. Un monde parallèle à celui qui ne mourra pas, sans doute, mais un monde toute de même. Et chacun décidera de celui qui est le sien. Les grandes transformations, les grands retours, les renaissances, les plus fortes libertés ne sont pas, n’ont jamais été le fait d’un plan ou d’un calcul, mais le résultat de mouvements organiques amorcés par un seul, jamais seul, sous un vent favorable, du hasard naturel et du mystère des matières, des pensées et des êtres qui se croisent, parlent, dansent et rient, forts de vivre, de sentir et de créer.

 

Claude Marc Bourget


Critique et entretien / Les Amants de l’ombre

« Un moment de grâce »

«Six chansons qui demandent à être découvertes… avec mille et une tendresses». «Les amants de l’ombre, un disque sur lequel on retrouve six chansons qui demandent une attention, un moment de grâce lors de l’écoute. » Raymond Desmarteau, Radio-Canada International

Voir article complet sur RCI.

Audio : Écoutez l’entretien de Bourget
avec Raymond Desmarteau sur l’album Les Amants de l’ombre.

Écoutez l’album. Disponibles sur toutes plates-formes numériques en tous pays,

et en magasin au Québec chez Archambault et Renaud-Bray.
Consultez le livret (paroles et crédits).

 

Les amants de l’ombre

BOURGET, LES AMANTS DE L’OMBRE
Chansons d’amour, de vie et de mort

VOICI POURQUOI 7:19
COMME ON AIME 6:42
LES AMANTS DE L’OMBRE 8:10
IL VOUDRAIT TANT 7:57
JE ME DEMANDE 9:04
ARRÊTEZ 10:50 I

Paroles de Claude Marc Bourget, sauf “Il voudrait tant”, par Sarah Vajda et Claude Marc Bourget
Musique, voix, piano, claviers, prises de son, programmation instrumentale et arrangements par Claude Marc Bourget
Mixage par Carl Talbot, Productions Musicom

℗ Produit par Metis Islands Music / © Claude Marc Bourget

Claude Marc Bourget, compositeur et pianiste, mais aussi écrivain, prend ici le parti de la chanson française, où se croisent et s’expriment chacun de ses talents, composition, piano et poésie, dans un univers à la fois sombre et lumineux, classique et moderne, qui ne peut laisser indifférent. L’interprétation poétique et sensible, les arrangements à la fois purs et savants, les textes forts, d’amour et de mort, nous entraînent dans un voyage de haut vol, étonnant d’expression, inédit.

Nouveauté du 20 avril 2018.

Disponibles sur toutes plates-formes numériques en tous pays,
et en magasin au Québec chez Archambault et Renaud-Bray.
Consultez le livret (paroles et crédits).

Relations de presse
Communications Lise Raymond
info@clraymond.com



Musicographie

2017 (sortie premier trimestre 2018)

Les amants de l’ombre, chansons d’amour, de vie et de mort

2014

Le Mystère des trois jours, pour piano et 4 violons virtuels / 13:51
Le Mystère des trois jours, for piano and 4 virtual violins/ 13:51

2012

Groendland, ou le Chant des glaces, pour violon (partition disponible) / 07:07
Greenland, Song of the Ice, for solo violin (score available) / 07:07

2011

Iver, mouvement pour violon et violoncelle (partition disponible) / 4:19
Iver , for violin and cello (score available) / 4:19

Noviaus tanz, 3 mouvements pour violon et violoncelle (partition disponible) / 11:51
Noviaus tanz, for violin and cello (score available) 11:51

2010

Musiques de ballet (piano solo)
CD Audience (Montréal)

2008

Second Time, Improvisations Cycle (piano solo)
CD Quebec Improvised Musics Society (Québec)

2007

Blue and White Rabbit (piano solo). CD hors commerce..

2006

Improvisations (piano solo). CD hors commerce.

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Interruption de la musique (voir Lettres) Interruption of music (see Letters)

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1983

Erdro Erdrosed II, pour 6 magnétophones et 3 exécutants-improvisateurs (guitare, clarinette et piano).
Créée au Musée d’Art contemporain de Montréal, sous la direction du compositeur, les 1er et 2 octobre 1983.
60:00. Partition manuscrite avec notes (EE II pdf, 14,6 Mo) et bandes disponibles. Extraits sur Archives 1983.

Nuances, pour marimba solo
Créée par Julien Grégoire, concert de maîtrise, salle Claude-Champage, Montréal
Partition manuscrite à la transcription— version en cours pour quintette (flute, clarinette, cor, violoncelle et tuba)
4:00 approx.

1982

Erdro Erdrosed I, pour magnétophones, exécutants-improvisateurs et auditoire.
Créée à la galerie Véhicule Art de Montréal sous la direction du compositeur, les 22 et 23 mai 1982.
25:00

Tension résonante / prolongation, pour piano et bande magnétique,crée à la galerie Véhicule Art le 18 février 1982 (Musak Noise Sound Festival).
45:00. Bande magnétique disponible seulement.

1980

Musique de scène (live), À partir d’une métamorphose, de Bernar Hébert (60 minutes, Théâtre de l’Eskabel, Montréal), du 31 octobre au 16 novembre 1980)

Musique de film, Le sentier des pommiers en fleurs ou la fête des gémeaux, de Pierre Blackburn (16mm couleurs, 26 minutes, Le Ballon Blanc).

1978

De Willendorf (pièce musicale en 3 parties), sur un texte de Jean Bernier (inédite, manuscrit à la transcription)
Pour 3 récitants et 9 instrumentistes (clarinette, clarinette basse, percussions(2), piano, quatuor)
8:00

1976

Essai de logique instinctive (œuvre de jeunesse inédite)
Quatuor à cordes / 06:00


Le mystère des trois jours

CLAUDE MARC BOURGET
LE MYSTÈRE DES 3 JOURS, for piano and 4 virtual violins

1. Premier jour………………..5:22
2. Deuxième jour……………..5:03
3. Troisième jour………………3:26

LE MYSTÈRE DES 3 JOURS REVIEW (metis-islands.com)

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Claude Marc Bourget, piano and programming

Recorded december 2012, Metis Islands Studio Mixing and mastering by Claude Marc Bourget and Metis Islands Studio Produced by Metis Islands Music, May 2014 © Metis Islands Music

METIS ISLANDS MUSIC / Catalog number : MIM-005


Pilgrim of the String

JEAN-PIERRE CHASSÉ
PILGRIM OF THE STRINGS / ACOUSTIC GUITAR
STRINGS/アコースティックギターの巡礼者

PRODUCTIONS DE L’ONDE
Catalog number : OND2-4072

All music by Jean-Pierre Chassé.

Recorded May 2011, Studio de l’onde, Montreal. Executive producer: Claude Marc Bourget.
Recording producer and engineer:
Jacques Laurin. Mixing by Jacques Laurin. Mastering by Carl Talbot, Le Lab Mastering, Montreal. Photo by Jean-Pierre Chassé. Graphics by (illusions) Philippe Ghielmetti.

A Claude Marc Bourget Production, with the support of Alain Robert.

Jean-Pierre Chassé is playing a Moisan guitar.

PILGRIM OF THE STRINGS / REVIEWS


Critique / Pilgrim of the Strings ⎯ Chassé

06/08/12   REVIEW   
JAZZ TIMES, USA,
by Susan Frances

PILGRIM OF THE STRINGS

Pilgrim of the Strings, the new recording from acoustic guitarist Jean-Pierre Chassé is a lush embroidery of ambient soundscapes tooled in penetrating improvisations, protracting arpeggios and melodic fractals. The Montreal native teamed up with classical pianist Claude Marc Bourget who produced the recording while mixed and mastered by Jacques Laurin. A synthesis of flamenco, bossa nova and ambient jazz, Pilgrim of the Strings soars with a nimble imagination reflective of vintage Django Reinhardt and the melodic sensibilties of Paco.

The soft, angelic sonorous of « Passage To Europe » contrasts the rattling chords swagging « Lo Mas Importante es Vivir.» The elegant flamenco wings of « The Other Side of Eyes » move with a dancer’s instinct switching to the taut arpeggios of « Narmada Ka Pani » highlighting sizzling, erotic chord rotations which are embellished by Turkish accents. The gentle acoustic twirls and spinning riffs of « Pas a Pas » complement the whispery tendrils of « Ishindenshinun » ascending and descending along the melodic scale creating a storytelling voicing in the chord expressions creased by a Spanish flare. The graceful gait of the chord scheme along « Los Ultimos Pajaros » is propelled by sprinting chord patterns and sleek improvisations that retract and soar trajecting intermittantly. The bossa nova stylizing of « Atoll das Rocas » changes to a bop-inspired rhythm in « Bop’s Memories » reminiscent of the gypsy tones of Django Reinhardt and the bluesy entwines of Richard Hart.

Jean-Pierre Chassé is a one of kind guitarist. His sense of melodic phrasing and timing for penetrative improvisations puts him in the ilk of Paco. His tracks weave into each other without disruption moving with the ease of the Alps flowing across the borders of Frances, Switzerland and Italy. Motivated by passion, Pilgrim of the Strings gives definition to ambient jazz with comfy atmospherics that allude to evenings cruising along the Mediterranean. (JazzTimes) / Read the review by Susan Frances.

PILGRIM OF THE STRINGS

20/05/12   REVIEW, par Nicolas Pelletier
BLOGUE EN MUSIQUE, Québec

LE VIRTUOSE JEAN-PIERRE CHASSÉ SE DISTINGUE

Trop souvent, les musiciens comme le guitariste Jean-Pierre Chassé passent inaperçus. La musique qu’ils émettent n’est simplement pas assez sexy, pas assez pop, pas assez prévisible pour que le grand public s’y intéresse. Les médias aussi, nous avons notre part de responsabilité dans ce manque de visibilité. Exposer des talents tels celui de Jean-Pierre Chassé ne “rapporte” pas autant qu’un (autre) potin sur une chanteuse R’n’b qui dévoile un peu plus de poitrine que le mois dernier.

Je vous invite ce matin à prendre une pause de tout cela et de prendre le temps d’apprécier la superbe musique de ce guitariste extraordinaire qu’est Jean-Pierre Chassé. Aussi habile dans un style classique contemporain que le flamenco ou le tango (Los mass importante es vivir), ce Montréalais de 56 ans n’a rien à envier aux Steve Howe (Yes) de ce monde. Son style varie entre jazz et classique et est teinté de plusieurs influences. On pourrait dire qu’il se cherche. On pourrait aussi dire qu’il se distingue.Alors qu’aujourd’hui, il est si facile de programmer des échantillonnages pour monter un groove accrocheur, on oublie trop vite qu’il doit exister des virtuoses instrumentaux pour créer des passages dignes d’être repris. Le nouveau disque de Chassé est bien plus que des passages, c’est un superbe recueil de neuf pièces instrumentales qui font vibrer la guitare classique de façon spectaculaire. Chassé peut jouer la carte de la virtuosité technique puis celui de la sensibilité dans le phrasé suivant. Comme tout grand musicien, Jean-Pierre Chassé sait laisser sonner chaque note. Il comprend le rôle de chacune: sur The Other Side of Eyes, la mélodie est en avant-plan, solide, alors que des fioritures passent leur chemin plus loin derrière, à un autre niveau.

Oui, vraiment, Jean-Pierre Chassé est un musicien d’un autre niveau. Les mélomanes ouverts aux styles musicaux les plus variés sauront le reconnaître dès les premiers instants.

(Blogue en musique) / Lire la critique par Nicolas Pelletier.

PILGRIM OF THE STRINGS


Greenland, song of the Ice

CLAUDE MARC BOURGET
GREENLAND, SONG OF THE ICE, for solo violin

Frédéric Bednarz, violin

Pdf Booklet : Web or print.

1.Song of the Ice / 7’02

By Sheet Music

GREENLAND, SONG OF THE ICE
Pour violon seul (score-partition)

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METIS ISLANDS MUSIC / Catalog number : MIM-002
Music by Claude Marc Bourget.

Recorded August 11, 2011, Notre-Dame-de-la-Compassion Church, Métis-sur-Mer, Québec, Canada. Recording, mixing and mastering by Claude Marc Bourget.


Noviaus tanz

CLAUDE MARC BOURGET
NOVIAUS TANZ, for violin, cello, virtual violins & virtual double bass

Frédéric Bednarz, violin
Pierre-Alain Bouvrette, cello
Claude Marc Bourget, samples, programming, arrangement

Pdf Booklet : Web or print.

1.Signes (moderato) 2’59
2. Ferments (largo) 4’48
3. Cadences (più allegro) 7’34

NOVIAUS TANZ REVIEW (Metis-islands.com)

METIS ISLANDS MUSIC / Catalog number : MIM-001
All music by Claude Marc Bourget.

Recorded February 2011, Studio de l’onde, Montreal.
Engineer : Jacques Laurin, Mixing by Claude Marc Bourget and Carl Talbot.
Mastering by Carl Talbot, Le Lab Mastering, Montreal.


Critiques / Musiques de ballet

JAZZ INSIDE MAGAZINE, New-York

Interview
Making Beautiful Music With Just Two Hands
. “For me, playing the piano is black and white photography applied to music. It is the orchestra in equation. Everything is there, but at the principle level, behind the image, like roots under the flowers. I love black and white in photography. The piano with its black and white keys immediately gives the sign of its economy. In that sense, only the string quartet would approach it. The jazz trio too, belongs to this pure world. Other trinity, other mystery,”

ASSOCIATED CONTENT, ARTS & ENTERTAINMENT

Musiques de Ballet is a phenomenal endeavor which gels multiple expressions, textures and dynamics that bend and reflect capriciously, and subsequently inject meaning into Bourget’s art.”

JAZZ INSIDE MAGAZINE, New-York

Pianist Claude Marc Bourget can orchestrate energizing symphonies with the nimble movements of his ten fingers across the keys of a grand piano.  The protégé of such arduous musicians as Chopin, Debussy, Stravinsky, Paul Bley, and Keith Jarrett, Bourget has a heart that is true to his passionate nature and a mind that exhibits a boundless imagination. (…) Like his predecessors, Claude Marc Bourget is not trapped into becoming a period pianist but a musician whose improvisations will be relevant for centuries to come.  His synthesis of jazz and classical music structures is inspiring and positions him to become a source of motivation for aspiring musicians to come.